La trêve de Hodeybiyya

Histoire

Écrit par

Maamar Metmati

« Al-Hudaybiya ou El-Hodeybiyya, village de dimension moyenne en bordure du haram ou territoire sacré de la Mekke, à une marhala de la Mekke même. Le village et la Mosquée de l’Arbre (à l’emplacement probable du serment dont il sera question plus loin) n’étaient pas connus du vivant d’al-Fâsi (m.832/1429) ; une autorité affirme que l’appellation est due à un arbre en forme de dôme ou de bosse, mais ce n’est là qu’une conjecture.

Le village a donné son nom à une expédition musulmane importante, partie de Médine et conduite par Mohammed en dhû l-ki’da de l’année 6/mars 628 ; celui-ci eut un songe (cf. Kur’an, XLVIII, 27) au cours duquel il se vit accomplissant les rites du petit pèlerinage (‘umra) à la Mekke, et il décida de tenter une expédition contre cette ville en invoquant ostensiblement ce motif, bien que son intention fût, ce faisant, de montrer aux païens de la Mekke que l’Islam était une religion arabe qui ne porterait aucun préjudice au prestige de leur sanctuaire. Mohammed avait l’espoir que les tribus nomades des environs de Médine se joindraient à lui, mais celles-ci n’y virent que peu de possibilité de butin et craignirent que l’expédition ne se terminât en désastre ; il se mit donc en marche avec 1400 partisans, la plupart de Médine même, emmenant également des chameaux pour le sacrifice. Les Mekkois, percevant fort bien qu’après leur échec au siège de Médine ils seraient taxés de faiblesses s’ils laissaient entrer Mohammed à la Mekke, fut-ce même comme pèlerin, envoyèrent 200 cavaliers pour lui barrer le chemin ; mais Muhammad les évita en prenant une route peu habituelle et très difficile et il atteignit ainsi Hodeybiyya en bordure du haram. Là, il décida de s’arrêter et d’entamer des négociations, et un va-et-vient d’émissaires s’établit entre lui et les Mekkois. Ils tombèrent finalement d’accord sur un traité valable pour dix ans, dont les principales dispositions étaient les suivantes : dans l’immédiat, Mohammed et ses partisans devaient se retirer, mais l’année suivante la Mekke serait évacuée durant trois jours pour leur permettre d’accomplir la ‘umra ; il ne devait plus y avoir d’attaques entre les deux parties ; Mohammed devait renvoyer à la Mekke tout membre des Koreysh (probablement les mineurs ou les femmes) qui était venu à lui sans la permission de son protecteur ; enfin, tout individu autre que les Koreysh était libre de se joindre à l’une ou l’autre des parties. Après avoir conclu le traité, Mohammed et ses partisans firent le sacrifice de leurs bêtes et rentrèrent à Médine. Nombreux furent ceux qui éprouvèrent une déception, et certains estimèrent que la politique du Prophète était erronée ; l’expédition de Khaybar, commencée six semaines plus tard, fut entreprise pour les consoler de leur déception. Une année après ces événements, Mohammed accomplit le pèlerinage avec un groupe de 2 000 disciples. Le traité ne demeura en vigueur que pendant dix mois encore parce qu’un différend qui surgit entre alliés respectifs des signatures amena Mohammed à pénétrer en vainqueur à la Mekke (ramadân8/janvier 630).

Pendant que les Musulmans négociaient à el-Hodeybiyya, ils furent amenés à croire qu’un des leurs émissaires, ‘Uthmân ibn’Affan, avait été tué ; Mohammed les invita alors à jurer de le soutenir, serment connu le nom de « serment de la satisfaction » (bay’at el-ridwân) ou « serment sous l’arbre ». On dit habituellement qu’il s’agissait du serment de ne pas prendre la fuite, mais il est plus probable qu’il s’agissait, ainsi que l’affirme une autorité  dans el-Wâkidî, d’un engagement à suivre Mohammed dans toutes ses décisions, quelles qu’elles fussent. Si on admet cette dernière hypothèse, le serment marquait un accroissement des pouvoirs constitutionnels de Mohammed. Le mot ridwân est employé parce que le Kor’an, XLVIII, 18, dit que Dieu fut « très satisfait (radiya) des croyants lorsqu’ils s’engagèrent sous l’arbre ». [1]

Voilà pour l’histoire générale, à présent, énumérons un événement dramatique lequel se déroula durant cette même trêve d’Hodeybiyya.

‘Omar ibn El-Khattâb vint vers le Prophète et lui dit : « Envoyé de Dieu, ne sommes nous pas, nous, dans la vérité, et eux dans l’erreur ? » – « Sans doute », répondit le Prophète. – « Et nos morts ne vont-ils pas au Paradis, et les leurs en Enfer ? » – « Sans doute ». – « Et pourquoi donc accepterions-nous une infériorité dans notre religion ?  Reviendrons-nous sans qu’encore Dieu ait tranché entre eux et nous ? » – Le Prophète, lui répondit : «  je suis l’Envoyé de Dieu ; et le Seigneur ne me mènera jamais à la perdition. » Là-dessus, ‘Omar s’en alla vers Abou Bakr, auquel il tint les mêmes propos. « C’est lui l’Envoyé de Dieu ; et le Seigneur ne le mènera jamais à la perdition. » C’est alors que fut révélée la sourate ‘La victoire’ ; l’Envoyé de Dieu la récita entièrement à ‘Omar. « Est-ce donc là une victoire ? » lui demanda alors ‘Omar ; et l’Envoyé de Dieu répondit : « Oui ». [2]
« Omar vint à ce moment et s’écria : « Ne sommes nous donc pas dans la Vérité et eux dans l’Erreur ; nos morts, en combattant, n’iront-ils pas au Paradis, tandis et les leurs iront en Enfer ? » Et le Prophète lui répondit : « Certes oui ». Alors ‘Omar reprit : « Pourquoi diminuerai-je ma part dans ma religion et m’en retournerais-je avant que Dieu ait décidé entre nous ? – Ô fils d’El-Khattâb, répondit l’Envoyé de Dieu, jamais Dieu ne me fera rien perdre ». ‘Omar devint furieux et ne pouvait se résigner, quand Abou Bakr survint : « Abou Bakr, lui dit-il, ne sommes nous donc pas dans la Vérité et eux dans l’Erreur ? – Ô fils d’El-Khattâb, répliqua Abou Bakr, il est l’Envoyé de Dieu, jamais Dieu ne lui fera rien perdre ». C’est alors que fut révélée la sourate de « La Victoire ». [3]

A travers ce fait historique rapporté par Boukhari entre autres, nous apprenons qu’Omar n’était ni satisfait de la position du Prophète, ni convaincu de sa décision, c’est pourquoi, après avoir écouté les arguments du Prophète, qui ne l’on, à l’évidence, pas du tout convaincu, il alla voir Abou Bakr pour encore se plaindre de la position du Prophète ! Alors que le Prophète lui avait, comme on l’a vu, clairement dit :

« Ô Ibn El-Khattâb, je suis l’Envoyé de Dieu ; et le Seigneur ne me mènera jamais à la perdition ».

Cela ne l’a, à l’évidence, pas convaincu, il alla donc voir Abou Bakr lequel lui dit à son tour :

« Il est l’Envoyé de Dieu, jamais Dieu ne lui fera rien perdre ».

Ce texte comme je l’ai dit, est rapporté par Boukhari entre autres. Nous pouvons donc disserter sur le présent sujet.

La question qui se pose est la suivante : Comment un éminent, pieux, savant et compagnon du Prophète, pouvait-il à ce point manifester sa réprobation à la position du Prophète, et contester par la même occasion une fois encore et ouvertement le choix du Prophète, ce en allant voir Abou Bakr dans le but d’entendre autre choses que les paroles du Prophète ! Dans le but d’entendre autre chose, comme par exemple : « oui c’est vrai oh Omar ! Comment se fait-il que si nous sommes musulmans nous soyons ainsi humiliés, donc c’est louche !». Je vous laisse imaginez la suite…La porte de la fitna (sédition) se serait inévitablement grandement ouverte ! Dieu merci, Abou Bakr ne fut pris d’aucun doute, et ne fit que confirmer les paroles du Prophète. Ce qui, isola Omar. Cependant, et comme nous allons le voir, cela ne calma pas pour autant Omar ! La scène aurait pu se passer autrement, c’est à dire qu’Omar aurait pu trouver soutien chez Abou Bakr ce qui aurait engendré une entente, puis une alliance selon l’opinion d’Omar, ce qui aurait inévitablement suscité d’autres adhésions à la position d’Omar. En conséquence de quoi, une dissension, puis une scission, puis peu être une rébellion se serait produite à l’encontre du Prophète, et peut-être même de sa prophétie !

Si les choses en sont restées là, cela est du au fait qu’Omar ne trouva aucun appui notable à sa position, il était seul !

Lorsque l’on a une foi ferme et une conviction parfaite, on ne conteste pas le choix d’un Prophète en allant par exemple voir ailleurs pour tenter de trouver un soutien et cela en opposition avec la position du Prophète ! Car par ce comportement, Omar manifeste clairement son refus de se soumettre aux choix du Prophète, ce en allant se plaindre à Abou Bakr, ce dernier étant un homme parfaitement convaincu, se contente de rappeler les paroles du Prophète en lui disant « il est l’Envoyé de Dieu, jamais Dieu ne lui fera rien perdre ». Il ne s’agit pas à présent d’aller chercher la petite bête, mais en ce qui me concerne, je m’étonne que l’on puisse être considéré comme un savant et illustre compagnon, tout en s’opposant ainsi au Prophète ! De plus, je suppose que ce comportement d’Omar a du contrarier, une fois de plus, le Prophète ! Et ce qui peine le Prophète, me peine, je le dis alors ouvertement ! Ma conception d’un bon musulman et à plus forte raison d’un bon compagnon, et à plus forte raison d’un savant, est la suivante, et rectifiez moi si je me trompe : dès lors que le Prophète a dit telle chose, ordonner telle autre chose, on se doit de l’exécuter immédiatement et sans manifester l’ombre d’une hésitation ! Ce qui n’est, constatons le, pas le cas !

Cependant, et compte tenu des différents faits que j’ai soulevés ici concernant la personne d’Omar, je ne suis donc pas vraiment étonné du comportement d’Omar !

« O vous qui avez cru ! Obéissez à Allah, obéissez au messager, et ne rendez pas vaines vos œuvres ».  
« O vous qui avez cru ! Ne devancez pas Allah et son messager. Et craignez Allah. Allah est écoutant et omniscient ».  
« O vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du prophète et ne haussez pas le ton en lui parlant, comme vous le haussez les uns avec les autres, sinon vos œuvres deviendraient vaines sans que vous vous en rendiez compte ».
« Ceux qui auprès du messager d’Allah baissent leurs voix sont ceux dont Allah a éprouvé les cœurs pour la piété. Ils auront un pardon et une énorme récompense ».

Où est donc le respect de ces versets ?

Mais l’histoire ne s’arrête malheureusement pas là ! Puisqu’en effet, on ne nous dit pas comment Omar se résigna !  

Je vous propose à présent, de vous tourner vers un autre théologien, el-Waqidi [4] lequel est un rapporteur du deuxième siècle, donc bien plus ancien que Boukhari et Mouslim. Ce dernier nous rapporte exactement la même histoire que l’on vient de lire, néanmoins avec en plus, un récit ne figurant pas dans le livre de Boukhari. Le début du récit rapporté par el-Waqidi, étant plus ou moins identique à celui rapporté par Boukhari, le reste beaucoup moins !

« Omar dit a l’envoyé de Dieu (pbsl): « Oh ! Envoyé de Dieu, ne sommes nous pas des musulmans ? » L’envoyé de Dieu (pbsl) dit : « Effectivement ! » Il dit : « pourquoi alors on sous estime notre religion ? » L’envoyé de Dieu (pbsl) dit : « je suis un être de Dieu et son envoyé, je ne lui désobéis pas et il me protègera ».

Alors Omar se dirigea à Abi Bakr (psl) et dit : « Oh ! Abi Bakr, ne sommes nous pas des musulmans ? » Il dit : « j’affirme que oui ! » Omar dit : « pourquoi nous sous estimons notre religion ? » Abou Bakr lui dit : « Arrête de dire ça ! J’atteste qu’il est l’envoyé de Dieu, la vérité est celle qui lui a été révélée, nous respectons la révélation de Dieu et que Dieu le protègera ! »  

Omar a subit de cette affaire trop de peine et ne cessa de répéter au prophète (pbsl) : « pourquoi nous sous estimons notre religion ? » Ce qui amena l’envoyé de Dieu (pbsl) de lui répondre : « Je suis l’envoyé de Dieu et il me protègera ! » Omar ne cessa de répéter cette question au prophète (pbsl).  « Abou Ôbeida Ibn Jarah lui dit alors: « Oh ! Ibn Khattab ! N’entends-tu pas ce que le Prophète t’a dit ! Demande l’aide de Dieu de te préserver de Satan et met ton avis et soupçons de coté ! » Omar (psl) dit : « j’ai alors demandé Dieu de me préserver contre Satan».
Voila pour la première partie du récit, ce récit est pour le moins édifiant !

Je poursuis.

Ensuite Omar dit : « Par respect, ce jour là j’ai regretté énormément mes dires, j’ai jeûné en octroyant l’aumône dans l’espoir d’aboutir au pardon ». Ibn ‘Abbas  (psl) disait : « Omar m’avait dit durant sa Califat en citant l’affaire » : « j’ai douté ce jour la comme je n’avait jamais douté auparavant. Et si j’avais eu durant ce jour là l’ordre de sortir en expédition afin d’effacer ce que j’ai commis, j’aurais obtempéré. Puis Dieu le plus haut a donné à cette affaire une bonne fin et direction et l’Envoyé de Dieu (pbsl) était le plus sage ». [5]

Qui peut nier que ce récit est plus que choquant ! Quelle conclusion pouvons nous tirer de ce texte ? Tout d’abord on se doit de se poser la question suivante : est-ce que ce récit est authentique ? A cette question  je répondrais que le récit de Boukhari et en soi choquant, puisque comme on l’a vu, Omar ne s’est pas contenté de la réponse du Prophète et Messager d’Allah ! Mais revenons au récit rapporté par Waqidi, je disais donc, peut-on penser que ce récit soit authentique ? En ce qui me concerne, je pense que ce récit est authentique. Car ce récit ne va pas à l’encontre du reste des informations nous étant parvenu au sujet de Omar, je pense entre autre à la catastrophe du jeudi. On ne peut donc réellement s’étonner du comportement d’Omar lors de la trêve d’Hodeybiyya ! De plus, pourquoi donc douter du texte rapporté par Waqidi lequel est non seulement un rapporteur très ancien puisqu’il est décédé vers 130 de l’hégire, mais qu’il fut aussi le professeur ibn Saad, lequel est considéré par les savants sunnites, comme très fiable et intègre !

Comment Omar qui avait vu durant tant d’années la révélation descendre sur le Prophète, qui avait vu nombre de miracle dont entre autres, la lune se fendre en deux, a t-il pu dire je cite :

« J’ai douté un tel doute que je n’avais pas douté depuis que je me suis reconverti à l’islam, jusqu'à ce jour-là, et si j’avais trouvé une secte dissidente, par opposition à l’affaire je serais sorti ». [6]
« J’ai été envahi par un tel doute que je me suis dis en moi-même : si on était cent personnes sur la même opinion on n’y aurait jamais pris part ! » [7]

Où est donc passée cette foi ferme et cette piété exemplaire, qui avait conduit Omar, à malmener Hicham parce qu’il, croyait il, n’avait pas lu le Coran selon les normes ! Où est donc passé cette foi ferme et cette piété exemplaire, qui l’avait conduit à menacer de flagellation deux hommes uniquement parce qu’ils avaient élevé la voix dans la mosquée du Prophète !  

Il faut rappeler que l’histoire du pacte d’Hodeybiyya remonte à l’an cinq de l’hégire, on ne peut donc évoquer l’erreur et le doute du musulman fraîchement converti !

Quoique de nos jours, il existe et je les salue, de très jeunes musulmans lesquels n’auraient jamais eu le comportement qu’a eu Omar à l’encontre Prophète ! Bien que ces jeunes n’ont ni vu, ni entendu le Prophète, bien que ces jeunes ne soient ni savants, ni ne savent parler, lire, et écrire l’arabe, mais ils aiment d’un amour le Prophète tel que jamais ils n’oseront le contrarier et moins encore le remettre en question.

Alors, je le sais, nombre de personnes, ceux qui, on l’a vu, défendent aveuglement Omar, et le suivent, tel une partie des compagnons le jour du jeudi, lorsqu’ils prirent la position suivante :

« les autres s’en tenant aux paroles de ‘Omar »

ne trouveront pour argument afin de défendre Omar, ou plus exactement leur courant de pensée, que de dire, que peut être, sûrement le texte rapporté par el-Waqidi n’est pas authentique ! Je leur répondrais peut être ! Cependant, si le texte de Waqidi n’est peut être pas authentique, celui de Boukhari l’est probablement ! Or, le texte de Boukhari met à lui seul, clairement en évidence, un comportement pas très glorieux d’Omar ! En tous cas, un comportement nullement en harmonie avec ce que l’on nous dit de lui partout et plus particulièrement chez les gens de la sunna et de l’unité et les salafistes qui prétendent suivre les pieux prédécesseurs ! Or, laissez moi douter que le comportement d’Omar, et le jour d’Hodeybiyya, et le jour du jeudi, n’est sûrement pas un comportement à suivre !  

Alors là encore, on hurlera tel une bête blessée, au chiisme et à je ne sais quoi encore, mais ce hurlement furieux ne trompera que celles et ceux qui déjà sont disposés à être trompés ! Ce hurlement ne trompera que celles et ceux qui ne suivent que la conjecture, mais jamais, jamais, il ne convaincra les vrais musulmans et musulmanes, celles et ceux parmi nos sœurs et frères qui ne s’appuient que, et uniquement sur les textes de sources n’en déplaisent au reste de l’humanité !

On ne va tout de même pas mettre de côté nos références historiques pour suivre tel ou tel savant qui contredit ces textes de source sans même prendre la peine de nous expliquer pourquoi !

« Quand ils se sont réconciliés et qu’il ne restait que l’écrit, Omar a bondit vers le  Messager d’Allah (pbasl) et a dit : « Ô Messager d’Allah, ne sommes-nous pas des musulmans ? » Le Messager d’Allah - paix et bénédiction d’Allah sur lui - a dit : « certes ! » Omar dit : « pourquoi accepterions-nous le déshonneur dans notre religion ? » Le Messager d’Allah paix et bénédiction d’Allah sur lui dit : « Je suis le serviteur d’Allah et son Messager et je ne contredirai pas son ordre, il ne me perdra pas ». Omar est parti voir Abi Bakr qu’Allah agrée et a dit : « Ô Abi Bakr ne sommes-nous pas des musulmans ? » Il a dit : « certes ! » Omar dit : « pourquoi accepterions-nous le déshonneur dans notre religion ? » Abou Bakr dit : « Tiens en toi à son ordre !  J’atteste qu’il est le Messager d’Allah, et que c’est la vérité ce qui lui a été ordonné, on ne contredira pas l’ordre d’Allah, et Allah ne le perdra pas ». Omar fut très touché par cette affaire, et il commença a rétorquer au Messager d’Allah en disant : « Pourquoi accepterions-nous le déshonneur dans notre religion ? »  Le Messager d’Allah paix et bénédiction d’Allah sur lui ne cessa de dire : « Je suis le messager d’Allah et il ne me perdra pas ! » Et il ne cessa de rétorquer au Messager d’Allah paix et bénédiction d’Allah sur lui. Abou Oubeïda Ibn Aljarrah lui dit alors : « tu n’entends pas ce qu’est en train de dire le Messager d’Allah, Ô Ibn El-khattab ? demande protection à Allah contre le diable et remets toi en cause ! » Omar a dit : « J’ai commencé à demander la protection d’Allah contre le diable, le lapider par pudeur, rien ne m’a jamais atteint autant que ce jour, et je ne cesse depuis de jeûner et de faire l’aumône pour ce que j’avais fait, craignant ce que j’avais dis ce jour-la. Ibn Abbas qu’Allah agrée disait : Omar m’a dit lors de son califat en citant l’affaire : Ensuite Allah le bénit, l’exalté lui a donné un aboutissement de bonté et de raison. Et le messager d’Allah paix et bénédiction d’Allah sur lui savait mieux ».
Al-Khoudhri a dit : « j’étais un de ces jours chez Omar Ibn El-khattab, il a cité l’affaire et a dit : « j’ai été atteint ce jour-la d’un tel doute, que j’ai contredis le prophète paix et bénédiction d’Allah sur lui comme je ne l’avais jamais contredis auparavant, que d’âmes j’ai affranchies pour ce qui m’a envahi ce jour-la, j’ai jeûné le temps, et quand je me souviens de ce qui s’est passé, je n’en suis que plus peiné heureusement qu’Allah a fait de l’aboutissement de cette affaire un bien . Les gens devraient se remettre en cause, par Allah, j’ai été envahi par un tel doute que je me suis dis en moi-même : si on était cent personnes sur la même opinion on n’y aurait jamais pris part ! » [8]

1. Extrait de «Encyclopédie  de l’Islam, Nouvelle édition ; Tome III (H-IRAM)» (Leiden E.J Brill, éditions Paris G-P Maisonneuve&Larose Sa) ; De la définition du mot : «El-Hodeybiyya» ; (page 557)
2. Extrait de « Les Traditions Islamiques -Tome 2» El Bokhâri, Titre  LVIII : «La capitation» ; Chapitre XVIII; hadith n° 2; (page 418)
3. Extrait de « Les Traditions Islamiques -Tome 3» El Bokhâri, Titre LXV: «De l’interprétation du Coran» ; Sourate XLVIII : «La victoire» - Chapitre V : «De ces mots du Coran : Lorsqu’ils te prêtèrent serment de fidélité sous l’arbre (verset 18)»; hadith n°4; (page 448)
4. Biographie de Waqidi dans un prochain article
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