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La Fidya... Quelle Fidya ?

Théologie

Écrit par Maamar Metmati

As salam aleykoum wa rahmatullah wa baraktuhu chers frères et soeurs,

Cet article regarde le sujet de la Fidya... La Fidya, à savoir la compensation, la peine amende que toute personne dite de confession musulmane est censé connaître, au su et au vu des nombreux ouvrages et surtout, vidéos qui parlent de ce sujet. Pour cela, nous avons choisi quelques extraits de savants, ou dits "imams", qui parlent notamment de ce sujet, et cela, de manière brève, puis on se retrouve ci-dessous, pour vous faire de notre analye concernant la Fidya.

Dans l'extrait suivant Sheikh Salih Ibn Fawzan Al Fawzan parle de la Fidya :

Cheikh Salih ibn Fawzan al Fawzan
"Et en ce qui concerne celui qui ne peut pas jeûner, et c'est la troisième catégorie, il n'est ni capable de jeûner (pendant Ramadhane) ni de rattraper ses jours (après Ramadhane) comme la personne âgée affaiblie et le malade souffrant d'une maladie incurable qui ne peut pas jeûner et dont on n'espère pas de guérison. Celui-là donc (celui qui est dans un de ces cas) il nourrit pour chaque jour un pauvre : « il y a une compensation : nourrir un pauvre. » [Coran, Sourate Al-Baqarah, verset 184] ;"

Ismail Mounir

 

Le prédicateur laïc Ismaïl Mounir continue lui en disant :

"Il (Allah) nous dit par exemple, que si vous êtes malade ou en voyage alors vous n'êtes pas dans l'obligation de jeûner, et pour cela vous devrez rattraper les jours de jeûne ratés pendant le mois de Ramadan après le Ramadan quand vous ne serez plus en voyage ou quand vous ne serez plus malade.

Et Il nous dit également :
« pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. » [Coran, Sourate Al-Baqarah, verset 184], c'est la Fidya.

Lorsque vous avez une maladie chronique, une maladie incurable, premièrement vous ne serez pas en mesure de récupérer les jours de jeûne, et à ce moment là qu'est-ce que vous devez faire ? Vous devez nourrir un pauvre pour chaque jour de jeûne non-jeûné. Je dis bien vous devez nourrir un pauvre.

Si par contre vous avez une maladie qui est curable, alors à ce moment là ce que vous allez faire c'est que vous allez rattraper les jours de jeûne avant le Ramadan suivant lorsque vous ne serez plus malade.
"  

Un autre prédicateur poursuit en disant :

"Par contre pour la personne qui est très âgée qui ne supporte pas le jeûne, ou bien celui qui est malade d'une grande difficulté dont on n'espère pas la guérison, lui il va la sortir aussi la journée mais il peut la sortir avant, c'est-à-dire la nuit d'avant cette journée qu'il va manquer puisqu'il sait qu'il va la manquer, il peut la sortir la nuit qui précède le jour où il ne va pas jeûner puisqu'il ne jeûne pas, il peut la faire précéder, la sortie de la Fidya peut être précédée la veille du jour où il ne va pas jeûner."

Rachid Eljay, imam laic

L'imam laic Rachid Eljay continue en disant :

"C'est une maladie incurable qui va garder tout au long de sa vie, à ce moment là lui, il n'est pas tenu de jeûner, et bien-sûr il n'est pas tenu de rattraper son jeûne. Chez la majorité ils considèrent qu'il faut donner une Fidya, c'est-à-dire une compensation par rapport à tous les jours non-jeûnés. Mais dans le madhhab de l'imam Mâlik (rahimahouLLAH) dans notre école, ici c'est préférable mais ce n'est pas obligatoire."

 

Cheikh Souleyman ar-Rouhaylî

Un question est posée au Cheikh Souleyman Ar-Rouhayli :

"Le questionneur interroge au sujet de celui qui rompt le jeûne durant le mois du Ramadan car il est dans l'incapacité de l'accomplir, son incapacité étant constante et dont on ne peut pas espérer le déclin ou bien à cause de son âge avancé à cause duquel il ne peut pas jeûner, que doit-il faire ?"    

Le Cheikh Souleyman Ar-Rouhayli lui répond :

"Il doit nourrir un pauvre pour chaque jour."

Comme vous pouvez le constater, le sujet de la Fidya (compensation) est en rapport direct avec les recueils de hadiths considérés comme sahîh (authentique).

Nous avons vu précédemment que les recueils de hadiths considérés comme sahîh (Sahîh d'Al-Bukhârî et Sahîh Muslim) font autorité, ils sont exploités de manière plus ou moins aveugle pour légiférer, pour appliquer des lois, également pour en tirer une morale, mais aussi pour une question de pratique religieuse, etc...

Dans les extraits précédents comme nous avons pu le comprendre la Fidya concerne la personne âgée et/ou le malade qui ne peut pas jeûner et qui doit alors s'acquitter d'une compensation en nourrissant un pauvre comme il est dit dans la sourate Al-Baqarah, verset 184 :

« pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. ».

Ici, concernant le sujet de la Fidya, il y a seulement deux versets de la sourate Al-Baqarah qui nous intéresse, ce sont les versets 184 et 185.

Dans le verset 184 de la sourate Al-Baqarah, Allah évoque la Fidya, Il évoque trois catégories :

  1. la personne qui est malade
  2. la personne qui est en voyage
  3. la personne qui ne peut supporter le jeûne qu'avec grande difficulté

Alors que dans le verset suivant (sourate Al-Baqarah, verset 185) Allah évoque uniquementle malade et le voyageur.

 

Alors selon les extraits que nous avons cité plus haut il semble y avoir un consensus au sujet de la Fidya, en tout cas concernant les écoles juridiques hanafite, shâfi'ite, et hanbalite, car en effet l'école juridique malékite ne partage pas totalement l'avis de la majorité, soi-disant l'école de "l'imam" Rachid Eljay le référent en laïcité.

Pour les écoles juridiques hanafite, shâfi'ite, et hanbalite, c'est une obligation de donner une compensation (Fidya), mais par contre l'école juridique malékite c'est recommandé.

Par exemple pour l'école de l'imam Ibn Hazm, il n'y a pas de Fidya.

Ce qui est intéressant ici, c'est qu'en se référant aux recueils de hadiths considérés comme sahîh (Sahîh d'Al-Bukhârî et Sahîh Muslim) nous constatons que la Fidya n'existe pas.

En effet, dans le Sahîh de l'imam Muslim, au chapitre du jeûne, textes n°2685 et n°2686, nous y lisons :

"Lorsque ce verset fut révélé : « Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. » [Coran, Sourate Al-Baqarah, verset 184], celui qui souhaitait pouvait manger et offrir une compensation jusqu'à ce que le verset suivant soit révélé pour l'abroger."

Donc selon ce texte, le verset 185 de la sourate Al-Baqarah qui n'évoque que les cas du voyageur et du malade et ce sans la Fidya, abrogerait le verset qui le précède (Coran, Sourate Al-Baqarah, verset 184) dans lequel Allah évoquait les cas du voyageur, du malade et la Fidya pour la personne qui ne peut supporter le jeûne qu'avec grande difficulté.

Texte suivant :

"Du temps du Messager d'Allah, celui qu'il le souhaitait jeûnait durant le Ramadan et celui qu'il le souhaitait mangeait en offrant une compensation (Fidya), à savoir nourrir un pauvre, jusqu'à ce que le verset suivant l'a abrogé :  « quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne ! » [Coran, Sourate Al-Baqarah, verset 185]."

Donc en se référant à ce dit "sahîh", il apparaît que la Fidya est abrogée.

Intervenants : Donc la Fidya ne parlerait pas des personnes âgées ?

D'après ces deux textes, parce qu'il y en a d'autres que l'on va évoquer, d'après le Sahîh de l'imam Muslim, la Fidya n'a jamais concerné les personnes âgées.

La Fidya a été révélée dans le verset 184 de la sourate Al-Baqarah pour ceux qui ne voulaient pas jeûner, et le verset suivant dans lequel Il évoque non plus trois catégories de personnes mais deux, le malade et le voyageur, est venu abroger le précédent.

Intervenant : Si je comprends bien à une époque le Ramadan n'était pas obligatoire ?

Oui, on peut dire que le Ramadan n'était pas obligatoire, enfin du moins pour ceux qui ne pouvaient pas le faire ou qui estimaient cela trop difficile pour eux, ils pouvaient alors donner une compensation comme l'indique le verset 184 de la sourate Al-Baqarah et le Sahîh de l'imam Muslim.

Et ce jusqu'à ce que le verset suivant soit révélé (Sourate Al-Baqarah, verset 185) et abroge la Fidya :

« Quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne ! »

En effet, dans ce verset, la possibilité de la Fidya n'existe plus.

 

Intervenants : Au sens où personne n'a le droit de faire une compensation ?

 D'après les deux textes contenus dans le Sahîh de l'imam Muslim, la Fidya n'existe plus!

D'après ces deux textes, la Fidya concernait non pas les personnes âgées mais les personnes qui ne voulaient pas jeûner parce qu'il trouvaient ça trop difficile pour eux, et cela a été abrogé par le verset suivant (Sourate Al-Baqarah, verset 185), c'est-à-dire qu'à présent le jeûne du mois de Ramadan est obligatoire, il n'y a plus la possibilité de payer une compensation pour ne pas jeûner, ça a été abrogé !

Donc au regard des textes que nous avons cité qui sont contenus dans le Sahîh de l'imam Muslim, ce qui est dit dans les extraits que nous avons cité au début de l'article n'a rien à y voir, ça n'a absolument aucun rapport avec ce qu'ils disent. Du moins si nous nous arrêtons à ces textes et que nous ne faisons aucun effort de réflexion comme nous devons le faire pour tous les livres.

Intervenants : Est-ce que dans les tafsîr il y a des traces de ce que tu rapportes ?

En fait la question ici, c'est pas de faire une étude, le but c'est de mettre en contradiction les livres qu'ils considèrent comme authentiques (Sahîh d'Al-Bukhârî et Sahîh Muslim) dans lesquels ils puisent et ils appliquent. Nous nous arrêtons là !

Pour eux comme nous l'avons vu, comme nous le savons, tout ce qu'il y a dans Bukhârî et Muslim est authentique, dès qu'ils citent un hadith provenant de ces ouvrages ils rentrent en voie de motivation et font des fatwas, où ils imposent une pratique, où ils interdisent une chose (morale, pénale, commerciale, civile, mariage, etc...). Comme avec le Coran, pour eux c'est leur manière de faire, ils mettent les ouvrages qu'ils considèrent comme authentiques (Sahîh d'Al-Bukhârî et Sahîh Muslim) au même niveau que le Coran. Pour eux, un hadith issu de ces ouvrages à la même autorité qu'un verset coranique.

Donc si nous nous arrêtons à ce qu'ils disent et enseignent aux gens, eh bien la Fidya est abrogée, et de plus, la Fidya n'a jamais concernée les personnes âgées.
Intervenants : Maintenant nous sortons de là par quelle porte ?

Il n'y a qu'une porte qui permet de sortir de là, c'est celle de la remise en question de l'authenticité du Sahîh d'Al-Bukhârî et du Sahîh Muslim, afin de pouvoir contester. Ces ouvrages ne peuvent pas être contestés si leur authenticité n'est pas remise en question, et pas dans la demi-mesure. Parce qu'ici ce n'est pas une question de langue arabe, d'étymologie, de formulation équivoque, tc... là c'est clair, c'est-à-dire que la Fidya concernait non pas les personnes âgées mais les personnes qui ne voulaient pas jeûner parce qu'ils trouvaient ça trop difficile pour eux, et cela a été abrogé par le verset suivant (Sourate Al-Baqarah, verset 185),

c'est-à-dire qu'à présent le jeûne du mois de Ramadan est obligatoire, il n'y a plus la possibilité de payer une compensation pour ne pas jeûner, ça a été abrogé !

Si tu veux alors tu appliques, mais si tu ne veux pas tu es obligé de contester. Cela doit reposer sur la contestation des textes, sinon, ça ne fonctionne pas.

C'est pourquoi lorsque nous prenons connaissance de ce qui est dit dans les extraits vidéos et ce de façon tout à fait naturelle et simple, que la Fidya concernerait les personnes âgées qui ne peuvent pas jeûner ou le malade incurable, ce n'est pas ce qui est dit dans l'ouvrage de l'imam Muslim.

 

De même, dans le recueil de l'imam al-Bukhârî, hadiths n°4506 et n°4507, il y est dit :

"Une compensation à nourrir un pauvre, ce verset a été abrogé."
Salama dit : « Après la révélation du verset : "pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre." [Coran, Sourate Al-Baqarah, verset 184], on pouvait si on le voulait, ne pas jeûner, en observant l'expiation et ce jusqu'au jour où fut révélé le verset suivant (Sourate Al-Baqarah, verset 185) qui l'abrogea.»" ;

 

"On rompt le jeûne à cause de n'importe quelle maladie [...] le verset précédent a été abrogé par le verset : « (Ces jours sont) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. Allah veut pour vous la facilité, Il neveut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d'Allah pour vous avoir guidés, et afin que voussoyez reconnaissants ! » [Coran, Sourate Al-Baqarah, verset 185].
Les compagnons de Muhammad ('alaihi salat wa salam) rapportent qu'avec la descente de la prescription du Ramadan, ils jugèrent le jeûne pénible, alors ceux qui donnaient à manger chaque jour à un pauvre laissaient le jeûne, ils faisaient partie de ceux qui en sont capables,ils avaient alors l'autorisation pour cela, et ce verset précédent fut abrogé par : « mais il est mieux pour vous... »".

 

Donc une partie du recueil de l'imam al-Bukhârî et du recueil de l'imam Muslim disent que le verset 184 de la sourate Al-Baqarah a été abrogé.

  

Intervenant : Peut-on considérer que le véritable sujet se porte plutôt sur les recueils de l'imam al-Bukhârî et de l'imam Muslim sont-ils vraiment authentiques ?

C'est le moins que nous puissions dire.

Dans le recueil de l'imam al-Bukhârî, hadith n°4505, il rapporte que :

Ibn Abbas (radhia Allâhou 'anhou) aurait dit : « Ce verset n'est pas abrogé, il s'applique au vieillard et à la vieille qui ne peuvent plus observer le jeûne, à la place de jeûner, ils paient une Fidya. »
Donc en fait il y a le recueil de l'imam Muslim ainsi que celui de l'imam al-Bukhârî qui disent que la Fidya est abrogé. Notamment ibn Omar. Mais dans le même recueil, celui de l'imam al-Bukhârî, il y a ibn Abbas qui dit que le verset 184 de la sourate Al-Baqarah n'est pas abrogé.

Alors en prenant seulement le recueil de l'imam Muslim, il n'y a pas de Fidya et ça concerne autre chose. Et si nous élargissons au recueil de l'imam al-Bukhârî, ça va confirmer ce qui est dit dans le recueil de l'imam Muslim mais en même temps, il va te dire que c'est abrogé. Donc là déjà ça se complique, parce que le texte de Ibn Abbas n'est pas dans le recueil de l'imam Muslim. Donc si nous nous cantonnons uniquement au recueil de l'imam Muslim nous en concluons que la Fidya est abrogée et que ça ne concerne pas que les personnes âgées, mais si nous allons également lire le recueil de l'imam al-Bukhârî alors nous constatons que ibn Abbas aurait dit que ça n'est pas abrogé, et là ça se complique davantage.

Parce qu'au final qui a raison ? Ibn Abbas ou ibn Omar ? Bukhârî ou Muslim ? Ils ne peuvent pas avoir tous les deux raisons puisqu'ils disent tout et son contraire.

Ibn Abbas et ibn Omar étaient très jeunes à la mort du Prophète Muhammad ('alaihi salat wa salam) mais ils ont tout de même jeûner à l'époque avec le Prophète, mais aussi avec Abou Bakr, avec Omar ibn al-Khattâb, avec Othmân ibn Affân, et avec Ali ibn Abi Talib entres autres. Donc, au total, ça fait tout de même environ 30 jeûnes de Ramadan.

Alors comment ce fait-il que ibn Abbas et ibn Omar qui ont jeûné plus ou moins 30 jeûnes de Ramadan, en partie avec le Prophète et en partie avec les quatre premiers califes, ne soient pas d'accord ? L'un dit la Fidya n'est pas abrogée et l'autre dit qu'elle est abrogée.

Pourtant ils voyaient comment se déroulait le jeûne de Ramadan, ils voyaient bien comment le Prophète et les quatre premiers califes jeûnaient.

Comment est-il possible qu'ils divergent sur ce sujet ?

Si ces récits viendraient de gens qui n'auraient pas vécu cette période durant laquelle l'Islam était encore correctement appliqué, qui auraient vécu après l'époque de Muʿawiya avec tout ce qui s'est passé de gravissime, là nous pourrions le comprendre et nous pourrions dire qu'ils ont peut-être été induit en erreur par des ignorants. Mais là ce n'est pas le cas puisque ils ont vécu avec le Prophète et les quatre premiers califes. Et si certains des compagnons avaient dérogé à la règle, nous aurions des récits qui le relateraient. Or, ce n'est pas le cas.

Donc comment est-il possible qu'ils divergent sur ce sujet ?

C'est tout simplement impossible !

Impossible qu'ils puissent diverger sur une pratique publique. À l'inverse des aspects de la religion qui n'ont pas été pratiqués de façon public ou bien qui ont des sens multiples, alors à ce moment oui, la divergence peut exister.

Ils ont jeûnaient avec le Prophète et ils ne savent pas si il a dit que c'était abrogé ou pas ?
Ils ont jeûnaient le Ramadan pendant près de 30 ans avec les quatre premiers califes et ils ne savent toujours pas si la Fidya est abrogée ou pas ? C'est impossible !

Donc, ce texte pose problème au niveau de l'information publique qui ne doit pas engendrer la confusion. Et, il pose également problème du fait qu'il est contredit par d'autres textes comme nous l'avons vu et la divergence n'est pas de droit à ce niveau-là, et enfin il cause problème par son attribut d'authenticité.

Il va nous être répondu que les textes sont tous authentiques mais que ce sont les compagnons qui divergent entre eux, c'est-à-dire que c'est un avis et qu'ils disent tous vrai. Là aussi c'est faux, parce que premièrement la ivergence n'est pas acceptable et deuxièmement parce que tout est dit "authentique" au sens de l'exploitation. Normalement, il ne devrait pas y avoir ces éléments là. En effet l'un dit va à droite et l'autre dit va à gauche.

La divergence dans les recueils qualifiés d'authentiques est acceptable dès lorsque ça ne concerne pas une chose qui est précisée de manière obligatoire, connue et sur laquelle il ne peut pas y avoir de divergence, sur laquelle tout le monde doit être d'accord.

Mais là, l'authenticité du support (le recueil de récits) est remis en question parce que l'un dit va à droite et l'autre dit va à gauche sur un sujet obligatoire et publique, connu de tous. Effectivement, c'est soit l'un soit l'autre, il y en a un qui est forcément faux !

Il est donc évident qu'il y a un problème au niveau de l'authenticité de certainstextes contenu dans les recueils qualifiés de "sahîh", parce que ibn Abbas n'a pas menti et ni ibn Omar, ou alors il ne peut pas être dit qu'ils ont divergés.
Est-ce qu'ils peuvent mentir ? Non !
Est-ce qu'ils peuvent diverger ? Evidemment non !
Est-ce qu'ils ont pu se tromper ? Non !
Donc où est le problème ?
Il est dans le texte, dans la chaîne de transmission qui a rapportée un texte qui est faux ! Donc ça remet en question l'authenticité du recueil et de son exploitation.

 

Intervenant : Quand on parle d'authenticité, est-ce que ça veut dire que le propos a vraiment été dit mais que la personne s'est trompée ? 

Par rapport à ça, il y a deux critères :

  • Premièrement, une chaîne de transmission, pour être considérée comme authentique doit émaner de gens qui sont tous fiables, qui ont une bonne mémoire, et qui sont sans suspicion d'hérésie ou d'hypocrisie qui pèsent sur eux. Donc une chaîne de transmission authentique doit rapporter un récit authentique, sinon ça ne va pas. Mais force est de constater que dans le sujet qui nous intéresse, ça ne l'est pas.
  • Deuxièmement, comme nous l'avons vu dans les extraits en début d'article, ils exploitent les dits recueils "authentiques" au sens où pour eux les récits qui y sont contenus sont forcément véridiques, c'est-à-dire qu'ils exploitent ces récits sans réflexion aucune, sans remise en question, car pour eux tout est vrai dans ces recueils "sahîh".
Pour eux, il n'y a pas de chaîne authentique avec un hadith faux. Ceci n'exsite pas pour eux. Ils prennent et ils appliquent sans se poser de question. C'est leur position.

Et nous le constatons partout, ils présentent souvent des versets coraniques complétés de hadiths, et ce sans aucune explication du pourquoi du comment, parce qu'ils considèrent que du moment où le récit est qualifié de "sahîh", il n'a pas lieu de se poser plus de questions que cela.

Il y a par contre, la notation "authentifié par Al-Albani" en dehors de Bukhârî et Muslim. Or, il n'y a pas de non-authentifié par Al-Albani ou autre dans les recueils de Bukhârî et Muslim, et il n'y a pas non plus le contrôle du texte.

C'est-à-dire qu'il n'y a pas une discipline qui vient décrire exactement les textes avant d'entrer en voie d'exploitation. Ça n'existe pas, alors que c'est pourtant indispensable, ça va de pair.

Et c'est ce manquement qui leurs permit d'induire les gens en erreur concernant le sujet de Tarawih.

Parmi les paramètres du hadith à propos des recueils de hadiths des imams Bukhârî et Muslim, il y a effectivement le faux, le faux qui est simplement faux, le faux par contradiction, le faux par amputation (faux par l'information manquante), etc. Il y a plusieurs raisons qui rendent caduc le hadith.

Et c'est ce qui a été fait avec le sujet des Tarawih, par exemple. En effet, ils se sont servi de hadiths amputés et à partir desquels ils en ont produit un ijtihâd, mais un ijtihâd faux, caduc car reposant sur une information amputé,fausse.

Donc ce qui repose sur le faux et forcément faux !
L'idée qui veut que dès lors qu'une chaîne de transmission est bonne, le hadith est forcément bon, est fausse !

Premièrement, parce que dans les chaînes de transmission, il y a au moins deux personnes sur lesquelles il pèse de grosses suspicions alors qu'ils sont censés être fiables, et ce puisqu'ils figurent beaucoup dans les recueils de hadiths des imams Bukhârî et Muslim, moins pour Muʿawiya mais plus pour Abu Huraira.

Abu Huraira figure dans les chaînes detransmission des imams Bukhârî et Muslim alors qu'il y a une grosse suspicion qui pèse sur lui.

Concernant Muʿawiya, c'est plus qu'une suspicion qui pèse sur lui, mais pourtant il est dans les hadiths du recueil de l'imam Bukhârî. Muʿawiya, la suspicion des crimes qu'il a commis, notamment envers Hassan et envers Abdal-Rahman ibn Khalid ibn al-Walid, faits que nous pouvons retrouver dans de nombreux ouvrages, sans parler de ses nombreuses innovations, les accusations qui pèsent sur lui sont établies, certaines peuvent être écartées mais d'autres non, et ça cause problème.

Quand Ibn Kathir, Tabari et d'autres rapportent que Muʿawiya a fait assassiner le fils de Khalid ibn al-Walid par l'empoisonnement parcequ'il craignait pour l'autorité de son fils Yazid, c'est factuel.

Intervenant : Est-ce que ça fait de lui quelqu'un de pas fiable, dans le récit en tout cas ?

Il faudrait qu'on nous explique pourquoi nous devrions ne pas prendre le récit de quelqu'un considéré comme peu fiable pour tout un tas de raisons, mais par contre quelqu'un comme Muʿawiya qui tue des musulmans par le poison et qui fait toutes sortes d'innovations devrait lui être considéré comme fiable !

Intervenant : Parce que des savants ont considérés qu'il était fiable.

Ils considèrent ce qu'ils veulent les savants, mais nous lorsqu'on a quelqu'un face à nous qui tue des musulmans par le poison pour conserver le pouvoir et commet un certain nombre d'innovations, pour nous, cette personne ne peut pas être considérée comme fiable.

Si nous n'écartons pas une personne qui tue des musulmans,... Alors pourquoi nous devrions écarter quelqu'un sur lequel pèserait une quelconque suspicion de mensonge, d'hérésie, etc... ? Où est la différence ?

Intervenant : Justementvous avez dit : "pour nous", donc c'est votre avis personnel, mais c'est peut être pas le bon avis.

Oui,c'est notre avis, mais nous doutons fort que des gens normaux puissent accepter des témoignages d'un criminel, ça semble quelque peu paradoxal avec la fiabilité et la foi. Du moins nous le pensons.

Dire que l'on accepte des témoignages, des récits d'un criminel, qui a fait empoisonner des compagnons, etc... Et nous dire que cette personne reste fiable... Pourquoi pas... En tout cas pas pour nous !

Intervenant : Qu'est-ce que vous entendez exactement par fiabilité, ça veut dire quoi exactement ?

La première des choses qui fait dire qu'une personne est fiable c'est que cette dernière n'est pas hérétique, c'est quelqu'un qui a une certaine colonne vertébrale quant à sa foi, une personne qui ne va pas s'aventurer à dire tout et n'importe quoi sur le Prophète, il y a un minimum.

Pour exemple, c'est le contraire d'Ismaïl Mounir, de Rachid Eljay et d'autres parmi ces gens là, nous concernant ces gens ne sont pas fiables.

La fiabilité c'est le minimum qu'on puisse attendre d'un musulman digne de ce nom.

 

 

Intervenant : Dans le Coran, Allah dit qu'on n'accepte plus le témoignage du calomniateur, donc si on vient à savoir de manière formelle que cette personne là a fait assassiner quelqu'un, peu importe son intention, à juste titre, est-ce que la question de sa fiabilité se poserait ?

Evidemment! Si il a fait abstraction du sang du musulman pour des intérêts matériels et mondains, pourquoi il ferait pas abstraction de mentir sur le Prophète ?

Donc il fait abstraction du sang des musulmans, il perpétre toutes sortes de massacres et de viols contre la communauté du Prophète Muhammad, mais par contre il aime tellement le Prophète qu'il oserait pas mentir sur lui, et là ce serait une position cohérente ? Est-ce que ce serait concevable ?

Pour nous non ! Et nous pensons que la majorité des gens partagerait notre avis.

 

Intervenant : Est-ce que vous ne vous posez pas la question de savoir pourquoi d'autres ontconsidérés qu'il était fiable ?

Non ! C'est tellement gros que nous n'avons pas à nous poser la question. Ici, il n'y a pas matière à s'interroger. Nous nous interrogeons seulement lorsqu'il y a lieu de s'interroger ou lorsque qu'un élément aurait pu nous échapper. Mais quand les faits sont établis, nous n'avons pas besoin de nous interroger.

Quand bien même Ibn Kathir serait vivant et nous dirait le contraire devant nous, ça nous ferait ni chaud ni froid, nous ne serions pas d'accord avec lui.

On peut pas se poser des questions sur tout et n'importe quoi !

Des hadiths sont rejetés pour beaucoup moins que ça.

Par exemple, il est rapporté que l'imam al-Boukhârî a rejeté un hadith parce qu'un homme avait appelait son âne ou son cheval ou un enfant pour lui donner du foin ou un bonbon, et lorsque l'âne ou le cheval ou l'enfant est arrivé en fin de compte il n'y avait rien. Alors l'imam al-Boukhârî a considéré que si tu mens concernant là-dessus tu peux aussi mentir sur le Prophète alors je ne prends pas de récits venant de cette personne.

Les récits comme ça sont nombreux.

 

Pour revenir sur Abu Huraira, dans le recueil de l'imam Muslim, hadith n°2589, il y est dit :

 

D'après Abou Bakr, j'entendis Abu Huraira donner des exhortations et dire : « Que celui qui se trouve à l'aube en état de janâba ne jeûne pas. ».

J'en fis part à Abd al-Rahman ibn Harith (c'est-à-dire à son père) mais il le désaprouva. 'Abd al-Rahman partit alors et je le suivis aussi jusqu'à ce quenous arrivions chez 'A'isha et Umm Salama (qu'Allah soit satisfait d'elles) et Abd al-Rahman les questionna à ce propos. Tous deux ont dit : « Parfois, c'est arrivé que le Messager d'Allah (paix et bénédiction sur lui) s'est réveillé le matin dans un état de janâba sans que cela soit dû à un rêve, et ensuite il jeûnait. »

Nous nous rendîmes ensuite chez Marwan et Abd al-Rahman l'en informa. Sur ce, Marwan dit : « Je te conjure de te rendre chez Abu Huraira pour réfuter ce qu'il a dit. ». Nous sommes donc allaient chez Abu Huraira et Abu Bakr était présent avec nous tout au long et 'Abd al-Rahman fit part de l'information à Abu Huraira, sur quoi Abu Huraira dit : « Ce sont elles (les deux épouses du Prophète) qui vous ont dit cela ? » Il répondit : « Oui ». Sur ceci Abu Huraira dit : « Elles ont une meilleure connaissance. ». Abu Huraira a ensuite attribué ce qu'il avait dit à Fadl ibn 'Abbas et dit : « Je l'ai entendu de Fadl et non du Messager d'Allah (paix et bénédiction surlui).». Ainsi Abu Huraira se rétracta à propos de ce hadith.

 

Intervenant : Est-ce que c'est sa mémoire qui lui a joué des tours ?

Apparemment il a retrouvé la mémoire avant de mourir en tout cas !

Alors il serait ailleurs que dans le Sahîh de l'imam Muslim ce texte, nous pourrions dire qu'il est faux.

Tu le soumets à al-Albani, il dirait très probablement qu'il est faux.

Mais la c'est "sahîh" tout de même !

 

Intervenant : Est-ce qu'il y a des informations supplémentaires par rapport à ce hadith ?

Des informations supplémentaires ils vont en mettre des tonnes après, mais le texte c'est celui-là.

Abu Huraira est revenu sur son propos et qu'en fait il ne l'a pas entendu de la part du Prophète, il se rétracta.

 

Intervenant : Est-ce que le terme "sahîh" est une appellation, un qualificatif récent?

Sincèrement nous ne savons pas.

 

Intervenant : Est-ce que ce qualificatif "sahîh" est utilisé dans le monde entier ou seulement dans le monde arabe ?

Nouspensons que 90% des musulmans dans le monde ne lisent pas, et donc forcément ils se fient aux savants d'Arabie Saoudite notamment, en fait ils suivent la locomotive parce qu'ils ne savent pas.

Et nous pensons que ceux qui sont autodidactes et qui suivent pas forcément tout ce qu'on leur dit, ils se rendent compte qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Ou alors il faut nous expliquer.

 

Intervenant : Est-ce que ça ne vous dérange pas de remettre tout le monde en question, concernant cesujet en tout cas, parce que tout le monde dit que c'est sahîh ?

Ça nous dérange un petit peu tout de même parce que nous n'avons pasd'explication.

Donc lorsque je vous soumet ce texte là sur Abu Huraira, qu'est-ce que vous pouvez m'en dire ?

 

Intervenant : J'ai beaucoup de mal à...

Il est authentique ou pas ?

 Intervenant : Il est authentique, oui.

 

Ils disent qu'il est authentique.

Donc lorsque on appliques l'authentique il faut pas appliquer que ce qui nous arrange et que quand il y a une contradiction on commence à revenir sur sespositions.

Ce texte ils disent qu'il est authentique.

Est-ce qu'ici il est écrit clairement qu'Abu Huraira a menti ?

 

Intervenants : Si, c'est clair qu'il a menti.

Est-cequ'on peut le comprendre autrement ?

Intervenants : Non,on ne peut pas, c'est pas possible.

Donc si on se saisit de ce texte et qu'on constate effectivement qu'il est authentique selon eux, et qu'en effet Abu Huraira a menti selon ce texte là, on est obligé de remettre en question tous ses témoignages qui sont nombreux dans le recueil de l'imam al-Boukhârî.

Tout à l'heure nous parlions de Muʿawiya qui malgré ses crimes et ses innovations restait selon eux fiable.

Là Abu Huraira ment sur le Prophète, donc la question ne se pose même plus.

On peut pas mentir sur le Prophète et rester fiable.

 

Intervenant : Le Prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui)aurait dit : « Celui qui ment sur moi qu'il prépare sa place en enfer » (Rapporté par Boukhari dans son Sahîh n°107).
Intervenant : Alors quelle est votre positionnement vis-à-vis des recueils de hadiths de l'imam al-Bukhârî et de celui de l'imam Muslim ?
Il faut les traiter comme des ouvrages dans lesquels il y a du vrai et du faux, et dont il faut avant de les exploiter, faire le tour de la question du hadith, del es étudier profondément. Ce ne sont pas le Coran.

 

Intervenant : Pour revenir sur la question de la Fidya, à ce jour, est-ce que par rapport à vos études vous pouvez avancer une conclusion sur ce sujet ?

 

 

Nous partageons l'avis d'Ibn Hazm concernant la question de la Fidya. Nous pensons qu'une personne âgée qui n'a pas les moyens de jeûner au regard de son âge avancé, c'est comme une personne qui ne peut pas prier debout.

La récompense selon le hadith qui dit que celui qui prie assis et la moitié de celui qui prie debout. Ça ne s'applique pas à la personne qui n'a pas le choix, ça s'applique à la personne qui a le choix, mais une personne qui a prié toute sa vie debout et qui contraint par la maladie ou la vieillesse prie assis, on peut pas lui diminuer.

Tout ce qui n'est pas de ta responsabilité :

« Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. » [Coran, sourate al-Baqarah:286].

Donc une personne âgée (80, 90, 100 ans et plus) qui ne peut pas jeûner de toute évidence, pourquoi lui mettre une peine-amende ? Si elle peut pas jeûner alors elle ne jeûne pas, pourquoi la punir ? De surcroît si la personne n'a pas d'argent, elle va pas aller braquer une boulangerie pour s'acquitter de la Fidya tout de même.

Nous considérons que c'est un avis qui se tient.

Quand ils disent que la Fidya ça concerne aussi les maladies chroniques, comment ils pouvaient le savoir à l'époque du Prophète si il s'agissait ou non de maladies chroniques ? Aujourd'hui on a les moyens de le savoir, mais pas à l'époque du Prophète.

Pour savoir de quelle maladie il s'agit il faut consulter un docteur pour qu'il fasse un diagnostic surtout si c'est pour savoir si c'est chronique ou pas.

C'est comme l'homme qui va voir le Prophète et lui dit :

« je viens de me marier avec une femme stérile... »

Mais comment sait-il qu'elle est stérile ? Pour savoir si une femme est stérile, il faut laisser passer un certain nombre d'années tout de même (il y a des femmes qui ne tombent pas enceinte durant 5 ans, 10 ans et finissent quand même par avoir un enfant). Sans diagnostic médicale et qui plus est, d'un jeune mariage. On ne peut pas savoir si une femme est stérile ou non. D'ailleurs parfois le problème vient de l'homme et pas de la femme, à moins qu'il est des enfants ailleurs pour preuve. Donc il y a des interrogations légitimes.

Pour faire claire on ne peut pas dire que Dieu dit vous qui êtes malades incurables, vous ne jeûnez pas... Mais eux ils ne savent pas de quelle maladie il s'agit car ils ne pouvaient pas la détecter à l'époque du Prophète.

Donc ils ont exploités le verset comme si Dieu l'avait révélé pour les malades chroniques alors qu'ils n'en savent strictement rien.

Et donc maintenant qu'ils répondent si la Fidya est abrogée ou non, comme il s'agit de hadiths contenus dans les recueils qu'ils considèrent comme authentiques.
Ils vont très certainement dire qu'elle n'est pas abrogée, mais dans ce cas là, qu'est-ce qu'on fait des hadiths contenus dans les recueils dits authentiques qui disent que la Fidya est abrogée ? Il faut choisir parce que c'est impossible de les harmoniser !

En réalité, ils ont zappé cette question, pour eux elle n'existe pas. Ils ont seulement pris un avis et ils l'ont appliqué, ils ont été au plus simple. Mais pourtant ils continuent à dire que tout ce qu'il y a dans les recueils (Boukhârî et Muslim) est authentique.

Alors que, ça se trouve que la Fidya est vraie et qu'elle ne concernait pas les personnes âgées. C'est ce qui est dit dans les hadiths que nous avons cités dans le recueil de Muslim : peut être qu'ils ne jeûnaient pas, une personne arrive à un certain âge, elle ne peut pas jeûner. Eh bien elle ne jeûne pas tout simplement. On va pas lui mettre une amende. C'est possible, c'est une théorie qui se tient, il y a rien qui s'y oppose.

Par contre, effectivement si une personne peut rattraper des jours elle doit le faire.

 

Pour conclure, d'après les textes contenus dans les recueils dits "authentiques" (Boukhârî et Muslim), il apparaît que la Fidya est abrogée et que la Fidya n'a jamais concerné les personnes âgées mais ceux qui ne voulaient pas jeûner.