Analyses Ouvrages

Analyse du Sahih Muslim Tome 1

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Écrit par Maamar Metmati

3/8/2020 15:25

Dans cet article, nous allons analyser le sahih de Muslim Tome 1. Le Sahih de Muslim, qui a été édité par les maisons d'éditions dar al-hadith et ibn Hazm, version qui comprend 6 volumes.

Dans cette série, nous vous proposons d'analyser un certain nombre de hadiths qui sont tout à fait intrigants, intéressants mais aussi, qui se contredisent.

INTRODUCTION

Dans la préface de cette maison d'édition, nous apprenons que le professeur de l'Imam Muslim, à savoir :

"L'imam Douhali, très rigoureux sur ce point, déclara que toute personne partageant l'avis de l'Imam al-Boukhari, n'avait plus le droit d'assister à ses cercles d'études."

L'imam Douhali a eu un problème avec Boukhari, dont notamment, que Boukhari prétendait une chose sur un point bien précis. A tel point que, Douhali refusa catégoriquement, que toute personne qui partageait l'avis de Boukhari sur ce point, ne pouvait plus assister à ses cercles d'études.

"Cette proclamation poussa l'imam Muslim à se détourner de son maître si bien qu'il lui renvoya tous ses écrits"

En cela, L'Imam Muslim a rendu à son Maître Douhali, tous ses livres.

"Mais on prétendit que cet événement provoqua une amertume entre la relation de Boukhari et de Muslim"

Tout cela pour dire, qu'à cette époque, les gens n'avaient pas la même image de Boukhari, que celle que nous avons de lui, dans notre époque. A savoir qu'aujourd'hui, ils ont mis Boukhari à l'identique du Coran.

Douhali a tout de même exclu tout ceux qui partageaient l'avis de Boukhari (sur un point bien précis), ce qui n'est pas rien, en comparaison à l'image sacrée de Boukhari que les savants, autres imams et prédicateurs en ont fait aujourd'hui.

Ainsi, après cette brève introduction, analysons le présent ouvrage "Sahih Muslim" Tome 1, Dar al-hadith & Ibn Hazm :

ANALYSES

À la page 84, nous lisons ce qui suit :

"J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent qu'il n'y a de dieu que Dieu et que je suis l'envoyé de Dieu, à partir de là leurs vies et leurs biens sont sacrés" (page 84)
Hadith faux !

La question n'est pas de savoir si le hadith est faux par amputation, par abrogation ou autres types.

Premièrement, ce hadith est indépendant. C'est à dire que si vous extrayez ce hadith - tel qu'il a été cité -, à la fois dans le sahih de Muslim et celui de Boukhari, en considérant que tout ce qui est dans Boukhari et dans Muslim est authentique, et que par la suite, vous l'utilisez pour faire un discours (dars), un sermon (khotba) ou un ijtihad (effort d'interprétation), vous allez vous égarer et égarer les gens.

Pourquoi ce hadith est faux ?

Ce hadith est contredit par un autre hadith dans le Sahih de Muslim (page 83) qui est le suivant :

"Quand le Messager d'ALLAH est mort('alayhi salat wa salam), Abou Bakr fût désigné Calife, certains arabes apostasièrent. Omar ibn al-Khattab demanda à Abou Bakr « Comment peux-tu combattre les gens alors que le Messager de Dieu a dit : "J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent qu'il n'y a de dieu que Dieu et que je suis l'envoyé de Dieu, à partir de là leurs vies et leurs biens sont sacrés" »

Omar Ibn al-Khattab cite le hadith faux.

et Abou Bakr lui dit : « Par ALLAH je les combattrai certainement ceux qui distinguent la salat et la zakât... », Omar ibn al-Khattâb a reconnu son erreur et a dit : « Par ALLAH, dès que j'ai vu qu'ALLAH avait disposé le coeur d'Abou Bakr au combat je sus que c'était la vérité »"

On remarque ainsi que dans le hadith page 83, Abou Bakr rétorque à Omar qu'il se trompe. Omar, lui même, reconnaissant son erreur, affirme que Abou Bakr avait raison. A savoir, qu'il ne suffit pas de témoigner qu'il n'y a d'autre dieu que Dieu et que Muhammad est l'Envoyé de Dieu, pour que la vie et les biens d'une personne soient considérés comme sacrés, ou en ce sens, que la personne soit considérée comme musulmane. Mais bien, qu'il faille aussi pratiquer la prière et s'acquitter de la Zakat. Ainsi, historiquement, Abou Bakr combattit les arabes qui apostasièrent de la religion de l'Islam, en conformité avec les lois d'Allah, qui lui imposent de les combattre : Ces arabes apostasièrent, parce qu'il refusèrent de donner la zakat.

Donc il y a plusieurs variantes de ce hadith, et la variante qui est vraie, c'est celle-là. Variante indépendante (page 83) et exposée dans un ouvrage authentique. Ainsi, le hadith page 84, n'est pas à être considéré. Il faut impérativement ne pas le prendre et l'écarter.

Je poursuis.

Entre le page 87 et 92, nous avons le fameux problème du hadith suivant, je cite :

"Celui qui dit qu'il n'y a d'autres Dieu que Dieu, le feu de l'Enfer ne le touchera pas."

De surcroît, avec les hadiths que l'on a analysé dans Kitab at-Tawhid (Partie 1 et 2), qui posent un très gros problème dans le domaine de la Croyance (Al-'Aqîda).

En effet, ce type de hadith pose un grave problème, puisqu'il faut comprendre non pas que si tu fais la chahada, tu rentreras en Enfer et tu en sortiras, mais bien que si tu fais la chahada et seulement la chahada, le feu de l'enfer ne te touchera pas.

Nous avons déjà évoqué ce sujet dans d'autres vidéos et analysé ce sujet de manière plus profonde. Je vous renvoie aux démonstrations : [Éternellement en Enfer selon le Coran… Mais… selon le hadith ?]

Je poursuis.

À la page 99, nous lisons ce qui suit :

"N'entrera pas au Paradis celui dont le voisin n'est pas à l'abri de ses nuisances"
Ce hadith est faux !

Pourquoi ?

Car c'est un hadith absolu, sans conditions.

En effet, le hadith ne comporte aucune condition, à savoir :

"N'entrera pas au Paradis celui dont...". 

Il n'entrera pas au Paradis, et cela, de manière absolue.

Il serait acceptable s’il était accompagné de conditions. Ce hadith contredit Al-'Aqîda (La Croyance Islamique), puisqu'un musulman ne peut pas être précipité dans le Feu de l'Enfer pour avoir commis ce péché. C'est inconcevable. Même si il peut aller en Enfer pour ce péché, il sortira de l'Enfer. C'est impossible qu'il reste en Enfer éternellement pour ça.

Ce hadith, tel qu'il est cité, est faux. Ainsi, pour accepter ce hadith, il faut changer la rhétorique. Or, changer la rhétorique, implique de toucher le texte, de changer le sens du texte.

Un musulman rentrera au Paradis, mais pour ce genre de délit, même s'il peut aller en Enfer, l'information susdite de manière absolue, implique la fausseté du hadith.

En effet, la possibilité est que le musulman puisse aller en Enfer, même si je n'y crois pas trop : Surtout et notamment, avec le système de la Balance (Mizan). A moins que le délit, soit entre autres, que le musulman incriminé pour ces faits, ne soient non plus considérés comme des "nuisances", mais des choses "beaucoup plus graves". Ce qui changerait la rhétorique du texte.

Or, le texte n'intègre ni la possibilité, mais bien affirme de manière absolue ce qui a été évoqué.

[Note contextuelle : Ce hadith ne concerne pas le voisin mécréant, mais il concerne le voisin musulman, en terre d'Islam.]

Ce hadith est donc Faux !

Je poursuis.

À la page 124, nous lisons ce qui suit :

« Le Messager d’Allah صلىالله عليه و سلّم a dit : ‘’N’entrera pas en Enfer une personne qui a dans son cœur ne serait-ce que le poids d’une graine de moutarde de foi et n’entrera pas au Paradis une personne qui a dans son cœur ne serait-ce que le poids d’une graine de moutarde d’orgueil’’ ».

"N'entrera pas en Enfer une personne qui a dans son coeur ne serait-ce que le poids d'une graine de moutarde de foi [...]"
Ce hadith est faux !

Pourquoi ? Car ce hadith contredit à la fois, le hadith vu précédemment et ceux cités précédemment.

"N'entrera pas au Paradis celui dont le voisin n'est pas à l'abri de ses nuisances"

En effet, une personne peut avoir ne serait-ce que le poids d'une graine de moutarde de foi dans le coeur, mais mal se comporter avec son voisin (musulman).

Ainsi, ces deux hadiths se contredisent pour le fait que l'un vous dit qu'il rentre au Paradis avec ne serait-ce qu'un atome de foi dans son coeur, et l'autre vous dit qu'il rentre éternellement dans le feu de l'enfer pour une simple cause de nuisances à son voisin Musulman. Comprendra qui pourra !

"N'entrera pas au Paradis celui qui a ne serait-ce qu'un atome d'orgueil"
Ce hadith est faux.

Sous prétexte que tu as un gramme d'orgueil, tu ne rentreras pas au Paradis. Et ceci, de manière absolue.

Or, avoir de l’orgueil, n'implique pas le fait que tu vas aller éternellement dans le feu de l'enfer.

Tu as de l'orgueil, oui. C'est un péché, oui. Il est possible que tu ailles dans le feu de l'enfer, mais de là, éternellement, est impossible.

Encore une fois, soit on change la rhétorique du texte, et donc, on change le sens du texte, soit on admet que ce hadith est faux.

Je poursuis.

À la page 132, nous lisons ce qui suit :

"J'ai entendu le Messager de Dieu dire aucun diffamateur n'entrera au Paradis"
Ce hadith est faux !

Pourquoi ?

Car c'est un hadith absolu, sans conditions. Un musulman ne peut pas se voir refuser l'entrée au Paradis pour avoir commis ce péché. Si un musulman a diffamé il paiera sa diffamation, soit en descendant d'un ou plusieurs niveaux du Paradis, soit il la paiera en allant en Enfer provisoirement. Mais dire que la diffamation empêche le musulman d'entrer au Paradis cela contredit la 'aqida. Un musulman ne peut pas aller en Enfer éternellement pour ce péché. Il finira par sortir de l'Enfer.

 Si l'on prend en considération ce hadith, comme authentique, on est en contradiction avec le Coran. La Calomnie et la Diffamation sont des péchés, qui sont condamnés par une peine de 80 coups de fouets. Ce qui implique, que la peine étant appliquée, l'homme paie ici-bas, mais n'est pas pour autant mis dans le feu de l'enfer éternellement ; comme le hadith le stipule :

"J'ai entendu le Messager de Dieu dire aucun diffamateur n'entrera au Paradis"

Cependant, je suis quasiment sûr qu'il y a 3 péchés qui mènent de manière quasi-certaine en Enfer éternellement : le shirk (l'associationnisme), tuer un musulman (j'ai un doute, parce que les savants ne sont pas en accord), et mentir sur le Prophète Muhammad ('alayhi salat wa salam),

D'après Az-Zoubayr Ibn Al 'Awam (qu'ALLAH l'agrée), le Prophète Muhammad ('alayhi salat wasalam), aurait dit: « Celui qui ment sur moi qu'il prépare sa place en Enfer » (Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°107).

En dehors de ces 3 péchés, à savoir ce que nous venons d'évoquer, cela ne peut en aucun cas, lui coûter le Paradis.

Je poursuis.

Nous lisons à la page 135 :

« Il y avait, parmi ceux qui étaient avant vous, un homme qui fut atteint d’un ulcère sur le corps. Quand il le fit souffrir, il tira une flèche de son carquois et le creva. Le sang ne s’arrêta pas de couler, au point qu’il mourut.Votre Seigneur عزوجل dit : Je lui ai certes interdit le Paradis’’ ».
Ce hadith est faux !

Il se peut que le hadith parle uniquement de ce cas à lui, et non pas du suicidé au sens général.

En effet, la problématique concernant ce hadith est qu'il s'agisse peut-être d'un jugement particulier, c'est-à-dire qui ne s'applique que dans le cas de cet homme, mais qui ne s'applique pas aux suicidés en général.

Je poursuis.

Nous lisons à la page 152, un hadith tout à fait intéressant et qui détermine le comportement que chaque musulman devrait avoir :

« Le Messager d’Allah صلىالله عليه و سلّم me dit :’ ’Ils ne cesseront de te questionner, ô Abû Hurayra, jusqu’à ce qu’ils disent : ‘’Voici Allah, mais qui a créé Allah ? Je me trouvais dans la mosquée quand certains bédouins vinrent alors me dirent : ‘’ô Abû Hurayra ! Voici Allah, mais qui a créé Allah ?’’ »
Abû Hurayra ramassa des cailloux et leur lança dessus, puis dit : « levez-vous ! Levez-vous ! Mon ami intime صلى الله عليه وسلّم a dit vrai ! »

Il faut comprendre que la leçon comportementale à tirer de ce texte est valable pour toutes les questions du même genre, telles que les questions concernant : les attributs de Dieu, Le Trône de Dieu, Le Coran créé ou incréé.

Le désaccord et la rivalité sur des questions relatives aux attributs de Dieu, le Trône de Dieu, La Main de Dieu, le Pied de Dieu, Astawa, ont conduit les musulmans à se diviser et s’entre-tuer.

La seule réponse que tout musulman devrait avoir face à de telles questions, serait de ramasser des cailloux et de les lancer sur ceux qui les posent.

Pourquoi ?

Parce que ce sont des questions sur lesquelles nous ne serons pas interrogés Le Jour des Comptes et qui pourtant, ont divisé les musulmans au point de s’entre-tuer !

Questionnements qui ont amenés les musulmans à délaisser leurs devoirs, leurs obligations.

Questions qui par ailleurs, le Prophète ('alayhi salat wa salam) et ses compagnons n'ont pas évoqué. Ils ne se sont pas non plus disputé sur ces questions.

Au contraire, ces questions sont des innovations.

Il faut les écarter et ne pas rentrer dans ce "combat", mais adopter le comportement que prône ce hadith, afin de fermer la porte à ce genre d'innovations, extrêmement graves !

Je poursuis.

Nous lisons à la page 173 :

« Je questionnai Abû Salama : Qu’est-ce qui fut d’abord révélé du Coran ? Il répondit : ô toi le revêtu d’un manteau ! Je demandai : ou bien : Lis !? Il répliqua : J’ai interrogé Jâbir Ibn ‘AbdAllah : Qu’est-ce qui fut d’abord révélé du coran ? Il a répondu :  ô toi le revêtu d’un manteau ! J’ai alors demandé : Ou bien : Lis !? Jâbira répliqua : Je vais vous relater ce que nous a transmis le Messager d’Allah صلىالله عليه و سلّم:
Je suis resté un mois à Hirâ’ et à la fin de ma retraite, je suis descendu. Arrivé au cœur de la vallée, on m’a appelé. J’ai regardé devant moi, derrière moi, à ma droite et à ma gauche, mais je n’ai vu personne. On m’a appelé à nouveau, j’ai regardé, mais je n’ai vu personne. Puis, on m’a appelé et j’ai levé la tête. Je l’ai alors vu sur un trône dans l’air- c’est-à-dire Jibrîl عليه السلام. Une frayeur immense m’envahit. Je me suis alors rendu auprès de Khadîja en disant : Enveloppez-moi ! Ils m’ont enveloppé, puis ont aspergé de l’eau sur moi. Allah عز وجل a alors révélé : « ô toi le revêtu d’un manteau ! Lève-toi et avertis ! Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur ! Et tes vêtements, purifie-les ! » (Al-Boukhari n°4922)

Ce hadith est tout à fait intéressant, puisque cela crée une divergence entre ceux qui disent que le premier verset coranique révélé est «'Iqra'» présent dans les recueils de hadiths Al-Boukhari et Mouslim, et d'autres qui disent ce n'est pas «'Iqra'» mais c'est celui que l'on vient de citer, à savoir : « Ô toi le revêtu d'un manteau! ». Le verset «'Iqra'» est venu après.

Il y a une divergence.

Je poursuis.

Nous lisons à la page 261 :

« Je questionnai ‘Aisha sur le passage des mains sur les khuff. Elle répondit : Va voir Alî ! car il en sait plus que moi sur ce sujet.
Je me rendis donc chez Alî qui rapporta du Prophète صلى الله عليه و سلّم …»

Ce hadith est tout à fait intéressant, puisque ce dernier contredirait la thèse selon laquelle Aicha détestait tellement 'Ali, qu'elle ne citait pas son nom. Notamment, elle disait : "L'autre".

En effet, les chiites reprennent cela. Ils se servent des hadiths de Boukhari et de Muslim, dans lesquels, Aicha ne cite pas son nom :

« Le Prophète est sorti, appuyé par Ibn Abbas et un autre homme [...]»

Ils s'en servent pour nous dire : Elle le détestait tellement qu'elle ne citait pas son nom.

Ici, cela contredit leur thèse, puisque ce hadith affirme que Aicha répondit :

va voir Alî !

Elle nomme Ali ! Cela contredirait ainsi cette haine qui la conduit à ne même pas le citer !

Et cet acte, est bien après la mort du Prophète ! Et la raison pour laquelle cet acte se passe bien après la mort du Prophète est :

Si Aicha cite Ali, en ordonnant à la personne d'aller voir Ali, c'est que le Prophète n'est bien sûr, plus vivant ! Autrement, elle lui aurait dit d'aller voir le Prophète.
Cela met ainsi quelque peu à mal, cette accusation.

Je poursuis.

Nous lisons à la page 286 :

« Les épouses du Prophète صلى الله عليه و سلّم  se coupaient les cheveux jusqu’aux lobes des oreilles ». [Al-Boukhari n° 251]

Sans commentaire. Même s'il y a beaucoup à dire sur ce genre de hadith.

Je poursuis.

Nous lisons à la page 364 - 365 :

Ce verset descendit alors que le Messager d’Allah ne prêchait pas encore en public à la Mecque. Lorsqu’il priait avec ses compagnons, il élevait la voix en récitant le Coran. Mais quand les polythéistes l’entendaient, ils blasphémaient le Coran. Celui qui le révélait et celui qui le transmettait. Allah, le Très-Haut, dit alors à son Prophète صلى الله عليه و سلّم : « Ne récite pas à voix haute durant ta prière ! [car les polythéistes entendraient ta récitation] et ne l’abaisse pas trop, [pour tes compagnons ! Fais-leur entendre le Coran, mais ne hausse pas la voix de cette façon !] Mais Cherche le juste milieu entre les deux. » Il dit : "entre la voix haute et la voix basse". [Al-Boukhari n°7490]

Néanmoins, nous lisons à la page suivante, page 365, ce qui suit :

Concernant la parole du Très-Haut : « Dans ta prière, ne récite pas à voix haute et ne l’y abaisse pas trop [...] » , Elle (Aicha - Qu'Allah l'agrée) déclara : « ce verset a été révélé au sujet de l’invocation »
Donc il y a une contradiction, soit cette parole du Très Haut concerne la prière ou soit elle concerne l'invocation. Il y a quelque chose qui ne va pas.

Je poursuis.

Nous lisons à la page 400 :

« Le Messager d’Allah a dit : La femme, l’âne et le chien rompent la prière, mais cela peut être évité par l’équivalent de l’arrière d’une selle (de chameau) »

On comprend ce qui suit : La femme, l'âne et le chien rompent la prière si ils touchent. Hadith rapporté à la page 400.

Nous lisons à la page 401 :

« Aicha demanda : Qu’est-ce qui rompt la prière ? Nous répondîmes : La femme et l’âne. Elle s’écria : La femme serait une vile bête ! Je me souviens avoir été couchée devant le Messager d’Allah à l’instar de la dépouille mortelle, alors qu’il priait »
« On évoqua sa présence, ce qui rompt la prière : le chien, l’âne et la femme. Aicha dit alors: « Vous nous assimilez aux ânes et aux chiens! Par Allah! J’ai déjà vu le Messager d’Allah prier tandis que j’étais couchée sur le lit, entre lui et la qibla. [...] » [Boukhari Hadith n° 514]
Nous remarquons ainsi une contradiction Manifeste ! Entre le texte page 400 faussement attribué au Prophète Muhammad ('alayhi salat wa salam), et les textes page 401 dans lesquels 'Aïcha (qu’ALLAH l’agrée) corrige le texte page 400 et rétablit la vérité. Mais malgré tout, ces textes sont tous considérés comme sahih (authentique) même si ils se contredisent clairement.

Je poursuis.

Nous lisons à la page 398 :

« Alors que j’évoquais un hadith avec un de mes compagnons, Abû Sâlih al-Sammân dit : Je vais te relater ce que j’ai entendu et vu d’Abû Sa’îd : J’étais avec Abû Sa’îd qui priait, un vendredi, face à une chose qui l’abritait des gens, quand un jeune homme des Banû Abî Mu’ayt arriva et voulut passer devant lui. Il le repoussa alors par le cou. Le jeune regarda et ne trouva de passage que devant Abû Sa’îd. Il réessaya donc, mais il le repoussa par le cou plus vigoureusement que la première fois. Le jeune homme resta debout et se mit à insulter Abî Sa’îd. Puis, il bouscula les gens, sortit et entra auprès de Marwân pour se plaindre de l’incident. Abû Sa’îd entra auprès de Marwân qui lui demanda : Qu’as-tu avec le fils de ton frère ? Il est venu se plaindre de toi. Abû Sa’îd répondit : J’ai entendu le Messager d’Allah صلى الله عليه و سلّم dire : Quand l’un de vous prie face à une chose qui le protège des gens et que quelqu’un désire passer devant lui, qu’il le repousse par le cou ! S’il refuse, qu’il le combatte ! Car c’est un démon… ».
Le problème de ce hadith étant qu'il laisse les gens dans le faux !

En effet, Abou Sa`id prie dans un endroit où les gens circulent. Le Prophète ('alayhi salat wa salam), n'a jamais enseigné de gêner le passage des gens lorsque l'on prie. Au contraire ! L'injonction du Prophète cité, à savoir que :

« Quand l’un de vous prie face à une chose qui le protège des gens et que quelqu’un désire passer devant lui, qu’il le repousse par le cou ! S’il refuse, qu’il le combatte ! Car c’est un démon… »,

s'applique dans le cas où les gens peuvent passer par un autre chemin, mais pas dans le cas où une personne prie sur le passage des gens et les empêchent de circuler.

Donc l'injonction du Prophète ne s'applique pas dans le cas de ce jeune homme, car il n'a pas trouvé d'autres passages où passer.

Ainsi, celui qui est en tort n'est point le jeune homme, mais bien, Abou Sa`id qui en priant bloque le passage des gens.

Nous nous retrouverons dans un prochain dossier d'analyse, concernant les autres volumes du sahih de Muslim, afin de relever les contradictions dans le hadith, mais aussi, des hadiths tout à fait intéressant.

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Analyse du Sahih Muslim Tome 1

3.8.2020 15:25

Dans cet article, nous allons analyser le sahih de Muslim Tome 1. Le Sahih de Muslim, qui a été édité par les maisons d'éditions dar al-hadith et ibn Hazm, version qui comprend 6 volumes. Dans cette série, nous vous proposons d'analyser un certain nombre de hadiths.